12.7.09

Jeter mon rimmel oublié dans la poussière et les poils moites du comptoir moucheté de la salle de bain

ronge ton frein

tes paroles de plus en plus

obsolètes

me saoulent sans me blesser

je bois je bois

gratte pendant mon sommeil

une verrue plantaire

ensanglantée

me réveille

c'est prise perdue

les muscles déchirés

7.7.09

P.S.

Je n'écris rien parce que je n'éprouve de hargne pour personne. (Faites-moi mal, bon sang.) Comme les scarabées morts dans le plastique de tes boucles d'oreilles fétiches.
Admirez-moi.

6.7.09

Histoire de l'art

La soif la dessèche, maigre comme un arbre mal enraciné. Elle a vomi, pissé, elle a saigné ses derniers jus. Toute seule entre quatre mur blancs, sur un plancher froid et blanc, la silhouette, en fait, ignore si elle est bien prise entre quatre murs, ils sont trop loin pour être perçus. Le corps se fixe pour se fondre dans cette non-couleur et, malgré sa teinte bleutée, ses contours se mélangent au reste comme une gouache réussie dont on enseigne la provenance à des enfants judicieusement dépeignés.
*
Chichic. « Celle-ci, c'est Navançarien, de Chérien », marmonne la jeune enseignante qui n'a pas déjeuné avant le calvaire, enfin qu'un biscuit sec, peut-être, avant de cracher du sang puis de s'effondrer sur le rétroprojecteur jauni. Les jeunes foulardés s'avancent, eux, un à un. « Elle est morte? » s'exclame sans pitié le plus laid et le plus idiot de tous, lui piquant l'avant bras de son index qui, dans un bruit sourd, lui transperce le membre frêle. Excités, les juvéniles s'installent de part et d'autre de la demoiselle qu'ils ont préalablement dénudée, puis, perforent son corps et s'en régalent, s'en souillant le visage, s'en lèchant les paumes. Les morceaux concassés rejoignent leur bouche à une vitesse phénoménale. « Je préfère le plein », ne cesse de répéter le même sot, se goinfrant autant, sinon plus que la majorité.

1.7.09

Y mouille de même




27.6.09

N'importe où l'aube (la mort, la merde, moi)

J’ai erré. Je ne sais plus combien de temps. Mes yeux se sont ouverts dans une dompe à morts, celle d’un village quelconque. J’ai songé à la scène du chien dans C’est pas moi je le jure et j’ai pris la une d’un journal qui traînait sur le sol pour me couvrir. La pluie avait délavé l’entièreté du papier humide. Seul le portrait de Marcel Béliveau se laissait encore deviner. Je me suis étendue dans l’herbe mouillée ou j’ai posé ma tête, près d’un tas de merde vieilli. Celui d’un animal, j'ai espéré.

14.6.09

Acier inoxydable

Me montrer à tes amis stupides, ta mère, ton chien sale de père. Quand tu invites ces gens à la maison, à souper, prépare un petit sauté de légume avec un peu de viande aussi que nous faisons mariner ensemble pendant que nous écoutons un documentaires sur les tigres de Sibérie à la télévision et qu'il y a une panne d'électricité. « Ha non, la marinade, les tigres! » Alors nous nous disons « faisons l'amour pour que le courant revienne » et nous marinons un peu ensemble comme les petits cubes de porc.

Les gens arrivent et c'est un peu bizarre, je leur sers du vin de dépanneur et tu leur parles parce que moi je suis pas très sociable, tu sais. Tu leurs dis « regardez ma nouvelle copine, elle est belle et très pratique ha ha ha. » Tes amis stupides disent « ah ouais » avec des points de suspension, ta mère fait « c'est pas trop de trouble pour le ménage? » et ton père s'en fou. Toi tu réponds, tu dis « non non non, regarde », tu sors un nouveau pouche-pouche ultrabiodégradable et m'en vaporise dans les yeux, la bouche, sur le nez, tu frottes ma face avec un chamois bien sec, « même pas besoin de rincer tu vois! »

On soupe et le vin continue, surtout à cause de ton chien sale de père, merde, comment ça va nous coûter cher cette soirée-là. Tes amis disent « ouin mais, pourquoi, on appelle, ça du, stainless, si, ça laisse toujours, des taches de tes doigts, dessus » et ta mère souris, ça fait longtemps qu'elle ne t'as pas vu. Ton père parle pour la première fois de tout le repas, il dit « pis, sa plotte c'est, pas frette un peu, ha, ha, ha » et moi je dis toujours rien.

Je vrombis en silence.

12.6.09

Douce

- T'es trop méchante.

Si j’étais capable de mettre en mots tout le mal que cet imbécile m’a infligé, si elle pouvait ressentir la douleur de sa pauvre enfant, ma mère, elle m’encouragerait comme elle a essayé de le faire pour tout ce que j’ai entrepris. Elle serait fière de ma mesquinerie, de mon cynisme, de ma douce vengeance très douce beaucoup trop douce. Elle me regarderait de loin avec les yeux brillants et humides que je ne verrais pas à cause des projecteurs dans les miens. Elle ferait monter mon petit frère trop mignon pour qu’il me donne des fleurs, les plus belles et les plus chères, et toutes ces autres filles à qui le léotard moule les bourrelets me regarderaient du coin de leurs yeux jaloux en tenant leurs œillets à cinq balles, il y aurait un message attaché sur l’énorme bouquet qui dit « Tu es la plus belle et la meilleure de toutes les petites pas fines hihi ». Je regarderais vers elle, même si je ne la verrais pas dans les yeux à cause des projecteurs, et je lui ferais un sourire avec des dents.

- Jamais.

9.6.09

Seulévid

Je suis seule et vide même si je m'empiffre et que tu m'emplies. Je supplierais je ne sais trop quoi je n'ose pas ou alors je me transforme en folle cinglée. Ce ne sont que les folles cinglées qui supplient de ne regarder qu'elle de ne pas coucher avec elles et de restreindre la liberté d'un animal en liberté donc je ne supplie rien je subis voilà.
Je suis seule et vide.

8.6.09

Allergique

J'ai commis un acte emballé dans du plastique de mauvaise qualité, jaune et bleu ciel. Du plastique avec un fort goût de plastique laissé sur la Mozarella. Voilà que le côté droit - non, gauche - de mon visage pèle tranquillement. J'ai fait une réaction allergique, quelque chose comme ça. Je suis déçue. Des cloques, et maintenant ça arrache ma peau comme les feuilles d'un maïs mais avec un peu moins d'effort. Je ne sais pas si c'est la bonne émotion à avoir, la déception. Je suis déçue de m'effriter sous vos yeux de biche: j'aime encore les animaux. Vous avez vu ma nouvelle jupe?

29.5.09

Cyprine

Mes jambes en angle obtus translatées dans les siennes, en angle aigu, elles, voilà « Tandem sur un siège plein de pisse », la nouvelle érotique la plus courte du monde, et ses mains, mes reins, mes mains ne redoutent plus les germes ni la malpropreté, mes yeux fixent ses yeux qui misent au point le va et le viens selon quoi mes lèvres sont automates, esclaves de mon sexe dont la Cyprine semble intarissable.

23.5.09

Ce qu'il en reste

De nos maladresses habiles De nos écrits illisibles D'une première lettre en majuscule Parmi le malheur des pauvres Je crie encore de douleur Quand mes mains dégèlent Sur tes gouttes brûlantes Les morceaux d'acier Froids de ma chair Cliquetis rythmés voilà L'orage sur la capitale Vibre notre château Sans valet rouge Sans valet noir

18.5.09

22 (Dire que j'avais ton âge quand j'me suis mariée)

Je suis un poème
Je suis une femme fontaine
Je suis une Cadillac dans une cour à scrap
Je suis (définitivement) un manque flagrant de tact

Je sais, je sais
Je suis.

14.5.09

Qui dit vraiment diachylon

Comme quand tu ronges ton ongle et tu sais que t'es allé trop loin, mais qu'il faut ronger un peu plus pour égaliser le tout, même si ça goûte saisissant, pas trop le choix, sinon tu reste avec un grand bout d'ongle dans lequel tu t'accroches et c'est là que ça fait mal, si tu l'accrochais pas penses-tu que ça ferait mal, ça chaufferait peut-être un peu au début, tu pourrais mettre un plaster pour couper l'air et là quelqu'un rirait de toi, un gars je suppose, genre t'as-tu vraiment besoin d'un plaster pour ça, et tu dirais fuck ben oui ça fait moins mal innocent, de quoi tu te mêles.

12.5.09

Dic Ann's

2.5.09

Jeunesse naïve / Femme possessive

Banane, cigarette et deux cafés, de la musique embrouillée. Et si c'était la trame de notre histoire? Foutu téléphone qui dérougit plus; c'est que pour nous déranger. Rouge comme arrête, comme c'est dangereux, tu peux pas. Ton bras gauche pour tenir le combiné et le droit qui bat dans le vide, soutenus par des bâtons noirs ultra visibles. T'es qui toi? T'es la fifure de Pruneau, la campagne de Rigodon. Tu voudrais le coeur de Ti-Brin mais c'est moi qui le porte, le coat de cuir.

1.5.09

Trêve d'enfantimages

see you in my night_mare
how did you get th_ere
we were once a fairyt_ale
this is farew_ell

Je m'excuse de citer Lil' Wayne à nouveau, en fait pas vraiment, j'ai appris en visualisant les mots-clefs que les gens utilisent pour atterrir ici (ils disaient mots-clés, mais moi je préfère clefs) qu'il était peut-être atteint d'une maladie de peau, le cancer, c'est vrai?
Aussi, j'ai ajouté des amis à ma liste, visitez-les, ils écrivent de belles choses. J'ai changé les noms pour que leurs déplacements forme un genre de poème super avant-gardiste. C'est beau hein, dites-moi que j'ai fait au moins une belle chose aujourd'hui.

28.4.09

Gourmet sans fin

MARINADE
mes phrases salées de mots âpres parfois
le vinaigre dans ses yeux
j'ai vu la larme tomber
il nie tout

DÉCONFITURE
beurre-m'en l'ensemble connard
d'arachides et bouche mes vides
que les pics-bois à présent
me picoreront

SUBSTITUT
pendue à l'arbre de désir
les plus carnivores
pour son cadavre exquis même
je dirais oui

27.4.09

Le concret et le cathéchisme

J'ai réalisé que hey, avoir hâte d'aller à l'école juste pour voir quelqu'un qui me manque depuis 24 heures de fous, ça ne m'arriverait plus jamais à moi, ça. Je me suis dit que l'été approchait et qu'il n'allait pas être comme l'hiver, avec une langue qui reste collée juste à la mauvaise place. J'ai décidé que j'allais lui donner une plus grande liberté, à ma langue, et que j'allais me badigeonner le corps avec les algues bleues de la rivière Magog. J'allais peut-être, aussi, plonger tête première (même si c'est écrit qu'il ne faut pas) dans le feu de joie d'un festival pour matantes. Sur un air des Beach Boys, qui sait? Alors là, je me suis sentie impure, très sale. Je me suis déshabillée et j'ai tourné les vieux robinets: le gauche davantage. Je me suis faufilée sous la douche où, comme d'habitude, j'ai chanté une chanson d'église. J'en ai fait une version reggae.


Je voudrais qu'en vous voyant vivre
Étonnés les gens puissent dire
Voyez comme ils s'aiment
Voyez leur bonheur

Qu'il y ait dans votre langage
Plein d'amour et de vérité
Qu'il soit clair, simple et sans ambages
Qu'il soit bon comme un soir d'été
Comme un soir d'été

[...]

24.4.09

Censure - Poésie accessible

mal à 'fourche

aujourd'hui j'ai fait de l'équitation
avec le plus beau des étalons
j'ai gagné une course contre le vent
mon adversaire c'était une grosse jument

23.4.09

Dans les yeux, dans la bouche, si t'en veux pas dans les cheveux t'as qu'à mettre un bonnet


Fatigue échouée sur le patio
Une grande étoile toute maigre toute blanche
Qu'il me pleuve des clous dedans
Je suis vaccinée


Where is my mind
Where - is - my - mind

17.4.09

La table

La chanson d'Harmonium résonnait trop fort et j'avais pris place, sans la moindre honte, à cette table déserte, ce soir-là où fumer était encore permis dans les bars, je m’étais mise à écrire, rien de bon mais simplement, à faire glisser la pointe de ma plume sur le papier fin d'un carnet de cuir, sous le regard des hommes excités et à mon plus grand bonheur, ces vulgaires m’observaient sans la moindre subtilité, moi, seule à une table RÉSERVÉ, convaincus de ma quelconque importance.

15.4.09

F o s s i l e

à
la
mer

nage
notre
huitre

émotion
éventrée

taciturne
coquillage

Too damn réciproque

« Il préfère ça à moi? » avait-elle dit d'un air dégoûté en me voyant complètement ivre en train de dévorer une poutine avec de la mayonnaise par dessus dans un restaurant 24 heures de la rue King. « Il préfère ça à moi? » c'est drôle c'est exactement ce que je m'étais dit en la croisant chez Winners un dimanche après-midi avec un coton ouaté Nikita et des jeans qui lui font un cul flasque.

Une belle gang de laides.

9.4.09

Candide

candide
j’ai cru que tu m’aimais
mais aussi que les canards
tuaient leur temps à manger
le pain sec des amoureux qui
piquent-niquent sur une nappe
carreautée avec une bouteille
de vin même si c’est interdit
dans le parc j’ai cru que les
canards ne s’envolaient
jamais

Tonguebreak

Tout le monde le sait, que j'irai coller ma langue sur un poteau.
28.12.08

Pour ceux qui se demandent y a rien là.
Ça fait même pas mal.
Moins que la première fois.
Surtout quand tu faisais du cheval quand tu étais petite.
Ou la split pour impressionner les voisines.
Moi une fois j'étais tombée sur ma barre de bécique.
La vulve bang direct dessus.
Ça avait fait plus mal que ça.
Plus mal qu'une première baise ratée.
Plus mal qu'un premier bout de langue arraché.

And I'm gone again.

8.4.09

Dans un pot de yogourt

J’aurais aimé trouver celui qui réussira à planter sa graine dans ma terre pleine de roches. Un petit haricot pour qu’il devienne fève, qu’il ne pourrisse pas trop tôt comme ceux qu’on avait fait pousser dans un pot de yogourt, avec Denise. Chaque fois que cette odeur de moisi me monte au nez, j’y songe. Je pense à Denise, la vieille fille qui mangeait de la tire à la Sainte-Catherine, sûrement lesbienne. Je songe aux haricots morts au bord de la fenêtre un matin d'avril, à l'innocence que nous étions. J’aurais aimé t’aimer.

Ces effluves de pourriture me rattrapent jusque dans le lit queen d'une chambre d’hôtel. J’ai cherché la bible. Il n’y en avait pas.

4.4.09

La peau

Elle en a marre de vos amours. Elles sont laides. Elle se rit de vous voir pleurer. Vous êtes très laids, aussi, quand vous pleurez. Non mais pour qui elle se prend, elle, à gâcher vos histoires de contes de fées et d'âme soeur qui ignore qu'il est votre âme soeur mais que ce n'est qu'une question de temps? Elle n'est pas normale. Elle n'est qu'une masse de chair. Une peau, de la forme d'un humain plutôt frêle. Elle n'a aucun sexe, aucun orifice. On devine que c'est une femme de par ses hanches et ses seins, mais cela pourrait tout aussi bien être un obèse qui a suffoqué et rétrécit comme un ballon qu'on retrouve sous le vaisselier un mois après la fête. Son épiderme est lisse, imberbe, et il change de couleur lorsqu'elle prend son bain. Elle n'a aucun visage, qu'une surface effacée avec l'outil « goutte » sur Photoshop, dont les pores lui permettent d'observer, de juger, sans jamais avoir le réflexe ni même la capacité de s'enfoncer dans ses propres excréments que les visagés appellent couramment la honte.

2.4.09

Pour chaque matin un épitaphe

Mon cadran n'avait pas sonné. Il était 7 h 28. Je me suis levée tellement vite que j'ai vu des picots lumineux, comme quand on se dit « ha, c'est ça les étoiles à la télé... mais ça ressemble pas vraiment à des étoiles, dans le fond. » J'ai entendu la petite musique des étoiles comme à la télé faire toupitoupitoupi pendant qu'elles continuaient de faire la ronde autour de ma tête. Tout semblait plus calme qu'à l'habitude dans l'appartement. Je suis sortie dans le passage sans m'habiller, sans mettre mes lunettes. J'ai failli mourir quand j'ai vu les deux jambes noires qui pendaient dans le vide. En moins d'une seconde, j'ai senti mon âme monter et mon coeur descendre. La porte de la buanderie était mi-ouverte et ce bas de corps, pendu.

Je serais morte toute nue, échouée sur un plancher crade. Sur ma pierre, on aurait pu y lire « Tabarnak, ça te tentais pas de faire sécher tes jeans ailleurs un jeudi matin? »

1.4.09

J'ai mal en sens anti-horaire

un tour de bloc deux cigarettes c'est terminé sans générique une chanson de scorpion qui ne fait pas pleurer c'est à cause du pouvoir je suis tellement fortement superieurement quand les talons font du bruit mes pieds avancent mange sans faim sans cesse automate une bosse de fourchette

poème laite-triste

MMMMMMMM
MM
MMMMMMM
MU
MC
MK

28.3.09

Phaléïdoscope

Formes s'entrechoquent
comme des mal-élevées
veulent devenir les autres
rester dans ta mire
Elles fondent sous tes doigts
n'existent qu'une seconde
au dépend d'une sotte qui
s'autodétruira

Formes qu'ont succombé
ont su tomber
à leur risques et périls
aveuglés
Elles voient tout en blanc
quelques trous de noirs
contaminées à jamais
dalmatiennes