Elle m'a parlé des pépins de culpabilité que contenait tout jus de désespoir. Elle affirme que le désespoir est en fait une façon de pleurer nos échecs ou de s'inventer des échecs, que chacun des échecs inventés ou réels ajoute un pépin de plus dans le fruit de notre malheur.
Bertrand Laverdure, J'invente la piscine
2.07.2010
Je n'invente rien
2.02.2010
Je me suicide pour la treize ou quatorzième fois
1.31.2010
Bikini comme une dent qui branle
1.26.2010
Fromage
[...]
(Début d'une nouvelle qui parle de Doritos)
1.22.2010
Rabat-joie
1.13.2010
Confidence
1.10.2010
Monastère
1.06.2010
Sí
C'était il y a quatre ans, déjà. À l'époque ou je n'écrivais que très peu, encore plus mal. Que j'étais encore plus laide. Que je n'avais encore rien vécu, encore moins. Certains s'en souviendront encore moins mais moi, j'ai déjà trop oublié. L'odeur de merde que les égoût chauds dégagent en été me transportent dans ses rues, mais elles ne durent jamais. Et je pleure autant que lorsque l'enfant au couteau a éventré mon sac et que je me suis réveillée dans le fossé de merde, emmerdée. Et je fume autant que lorsque je lavais mes vêtements dans la baignoire sans eau, une histoire à raconter. Et aujourd'hui, dans soixante-sept bureaux différents, simultanément, un fonctionnaire qui avait pris deux jours de plus se plaignait que la bouffe était pas mangeable dans son cinq étoiles où pus jamais, pus jamais il ne remettrait les pieds.
1.03.2010
Intermède - Ça change quoi, dis?
12.30.2009
L'abandon
Je suis une artiste.
12.29.2009
Dégrisée
s'évanouissent
dans le tas d'ongles d'orteils
au chevet de la mort
du vieillard que personne n'aimait
de toute façon.
12.27.2009
L'amour des obèses
12.26.2009
Boxing day (Karine)
12.17.2009
L'hiver au matin
12.11.2009
4 AM
Je veux détruire ta vie.
12.08.2009
Digestion à distance
12.07.2009
Refuge
une plume sur un tas de merde
Dis-lui « Non », dis « Je ne t'aime pas »
et « Oui », mais ce serait faux
Comme des yeux bleu-vert
sous un filtre orange
Le col échancré
sous une jupe-ballon
Depuis, il pleure sur le toi de taule
C'est la peur toute seule ici
12.06.2009
Mes ours
Elle a eu mon vieux. Toujours comme ça.
Elle a mes vieilles choses parce qu’elle grandit moins vite.
Elle l’aime pareil qu’elle dit. Pour elle il est nouveau.
Sauf qu’il est vraiment laid. Moi je suis contente pour vrai.
Mon nouveau il a des ours dessus. Pas des ours pour bébés.
Des ours polaires parce qu’ils sont blancs.
Comme des dessins mais en photos.
Je sors avec pour l’essayer. Même le voisin il joue dehors.
Je fais plein de pirouettes sur les poteaux de la balançoire.
Je reviens hop et qu’est ce que je vois.
Encore ma soeur et le voisin.
Il l’aime mieux parce qu’elle est blonde.
Mais j’ai une tuque et j'ai des ours.
Je chante et je crie très fort sur les poteaux de la balançoire.
Ils inventent un château pour m’attaquer.
Je chante et je fais mille acrobaties. Là je suis vraiment étourdie.
Je suis pris! Mon manteau est pris sur le crochet.
Je peux pas me laisser tomber. Il faut que je serre fort.
Hey! je lui crie après et elle répond pas. Hey je suis pris!
Mais elle rit avec le voisin. J’ai mal de serrer fort.
Hey! va chercher maman je suis pris!
Vas-y toi-même! qu’elle me répond.
À cause d’elle j’ai brisé mes ours. Je pleure des glaçons.
12.05.2009
À défaut d'haïr
11.27.2009
Gingerbread latté
Je crois que c’est là que j’ai pleuré, uniquement. Dans les toilettes du café, les deux mains sur mon ventre, la tête accotée sur le distributeur de papier. J’étais nue, j’avais arraché mes vêtements, j’avais trop chaud, j’étais saoule, mais je n’avais rien bu. Très saoule et je parlais seule, enfin.
J’ai vomis sur la céramique droit devant moi, assise sur la bolle, trop lâche, encore plus qu'à l'habitude, pour faire quel autre mouvement que ce soit. Me lever le cul, m’étirer vers le lavabo. J’ai pris une gorgée du café à douze et soixante-neuf que j’avais déposé sur la céramique humide pour faire passer la brûlure de la bile qui s’accrochait à ma gorge comme un enfant s’accroche à la jambe de sa mère chaque matin où elle le dépose chez la gardienne au chien méchant et au mari à tendances alcoolo-pédophiles.
Même les toilettes des cafés tendance sont sales et nauséabondes.
Tout le monde chie, partout.
11.26.2009
Waterproof
11.25.2009
Rêve à terre
11.24.2009
Fun pack fuck
Quand j’étais petite, les escaliers en colimaçon de Montréal-Nord me fascinaient. Je les trouvais si belles, comme le ruban du chapeau d’une princesse avec des broches. Je voulais les emprunter une par une, sans arrêt, mais ma mère me le défendait sans trop d'explications. Elle disait, simplement, qu’elles étaient dangereuses pour les petites filles comme moi. Comme si je ne savais pas descendre un escalier. Comme si leur forme, leur rouille et le son qu’elles émettent sous mes pas allaient me déconcentrer. Comme si mes petits Reebook mauves à velcros roses s’enfargeraient automatiquement à la vue des Italiens du balcon d’en dessous entre les marches anthracite à la même texture que certains condoms tout drôles et colorés qu’on retrouve dans les fun pack.
À trois ans, non. Vingt ans plus tard, je l’ai fait. J'ai dégringolé de la première marche à l'asphalte de novembre, humide et froide, à l'opposé de tout réconfort.
Et je jure que je ne l’ai pas fais exprès.
11.23.2009
Lit d'eau exactement
Je peinturerais mon salon ce matin, mais je n’ai pas de salon.
Je ferais du plâtre n’importe où, tout à fait bénévolement.
Mais je resterai couchée dans ce lit d’eau comme un cercueil chauffant, bien habillée, bien maquillée, les yeux bien collés jusqu’à ce que quelqu’un remarque que ça fait un mois que je call malade exactement.
« ‘Est ben arrangée, han… »
11.07.2009
J'ai cuvé le rouge
Pour y remédier, certaines tatouent la seule partie de leur corps qui ne les ait encore jamais fait pleurer. Elles s’emprisonnent de l’encre qui les enrobe à jamais, des taches de couleurs qui ne seront belles qu’un instant, prétextant la signifiance absolue mais qui n’ont qu’une seule et unique cible : l’esthétisme.
11.04.2009
Tirer les points
10.27.2009
Matière grise en rien
10.26.2009
Désengagée
il faudrait acheter notre robe made in Québec.
Non? Je veux pas être belle, moi. Je veux flasher.
Tu peux flasher made in Québec.
Non. C'est laid.
...
Ça coûte vraiment plus cher.
Et p'is?
Mais je te jure, te jure que j'aurai une bonne prière pour chacun des enfants chinois qui auront sagement confectionné ma tenue de star chaque fois qu'elle se penchera avec excès par-dessus le bar open.
(Quand on raccroche, chez moi, c'est exactement comme chez toi.)
10.21.2009
À qui de droit
10.13.2009
R.I.P
Alain Frimas a mis fin à ses jours en engloutissant des tonnes et des tonnes de grilled-cheeses découpés en triangles équilatéraux jusqu'à en faire une overdose de symétrie.