4.11.09

Tirer les points

Je ne bougerai pas et je resterai nue dans ma flaque, le foin dans les yeux, même si je déteste t'entendre te brosser les dents derrière le mur, comme des kilomètres pour t'éloigner, ton quelconque bonheur est une légèreté qui pèse comme le corps d'un orignal mort chaque fois : ces petits poils synthétiques qui se frottent contre ton émail à la cadence même où tu te crosses quand je suis ailleurs me donnent l'envie de tirer les points de suture qui unissent nos dépendances, notre sottise et nos malaises, eux seuls qui nous lient encore de justesse ce matin, délibérer nos plaies pour sentir gicler le sang fiévreux et rugir d'un cri profond qui impressionne même le chauffeur du parcours 28, mais je ne bougerai pas et je ferai semblant de dormir, toujours un peu plus.

27.10.09

Matière grise en rien

Pas ici, mais je ne sais pas où j’ai envie d’être, en fait, peut-être un peu, mais n’ose pas et n’avouerai rien, et j’ai mal à la tête de toute façon… D’ailleurs, j’ai l’impression que des mots se cachent – les bons mots se cachent – au creux d’elle, ma tête, des blocs de Tetris qui ont pris leur trou et s’y sentent si bien qu’ils y font une sieste la tête sur les genous des uns, des autres.

26.10.09

Désengagée

Elle a fait sonner le téléphone. Un coup, deux coups, trois coups. (Quand ça sonne, chez moi, c'est pas comme une une sonnerie normale, non, c'est le son du début d'une chanson de rap électro que tout le monde déteste sauf moi. Tou-tou-tou prrrr, tou-tou-tou prrr.) C'était engagé. (Quand c'est engagé, chez moi, c'est le son du refrain d'une chanson d'Allan Théo. Lo-la!) Elle a fait resonner, j'ai répondu. J'ai dit Oui allô? Elle a dit Sincèrement,

il faudrait acheter notre robe made in Québec.

Non? Je veux pas être belle, moi. Je veux flasher.

Tu peux flasher made in Québec.

Non. C'est laid.

...

Ça coûte vraiment plus cher.

Et p'is?

Mais je te jure, te jure que j'aurai une bonne prière pour chacun des enfants chinois qui auront sagement confectionné ma tenue de star chaque fois qu'elle se penchera avec excès par-dessus le bar open.

(Quand on raccroche, chez moi, c'est exactement comme chez toi.)

21.10.09

À qui de droit

C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est en ayant la honte qu’on devient la personne la plus honteuse du monde. On ramollit, on suinte, on pourrit. On trimballe l’odeur d’un rat mort et on ne sait même plus à qui s’excuser.

13.10.09

R.I.P

Le 13 octobre 2009, Alain Frimas, gestionnaire, nous a quitté. Il laisse dans le deuil quelques humains disparates qui ne garderont pas vraiment souvenir de lui, si ce n'est que de cette faculté qu'il avait à maintenir ses lèvres immobiles sous sa moustache fournie refusant l'éruption de toute vibration sonore pouvant être confondue avec le rire de ses collègues.

Alain Frimas a mis fin à ses jours en engloutissant des tonnes et des tonnes de grilled-cheeses découpés en triangles équilatéraux jusqu'à en faire une overdose de symétrie.

12.10.09

Lundi soir

Ils parlent en même temps à l'unission, comme une chorale de Noël. Sur les bancs d'église, une multiplication d'elle-même à l'infini, les culottes qui s'infiltrent entre ses fesses, les bas-collants mal placés. C'est long, maman, c'est long. Il y a même cette odeur d'encens qui étouffe la gorge et un bébé en cire, quelque part où le choeur continue de chanter : « Laisse une chance à ce qui remplace Annie et ses hommes. »

11.10.09

Pour mon amie

« La vie, c'est comme une boîte de petits tas de marde qui ont l'air d'être du chocolat. » Un garçon drôle a déjà dit ça, et j'avais noté, et je lui redis maintenant et il ne se souvient même plus avoir déclaré une telle chose, si vraie. Je me l'approprie. Est-ce qu'on peut parler de plagiat si l'auteur n'a plus souvenir de ses propres mots? Soit.

J'ai mangé une crème de champignon et j'ai pensé à toi qui jamais plus ne serais capable d'en faire autant. À cause de moi, l'enfant qui a déjà dit que « L'amour, c'est comme une vaginite qui goûte la crème de champignons. » Elle a tout le temps pour changer d'avis, mais restera que j'ai savouré l'amour salé en pensant à toi, onctueusement. Chaque morceau gris correspondait à une pièce colorée. J'ai vu des scènes kaléïdoscopiques comme sur une toile, postmoderne, bien entendu. Moi qui te replie, toi qui me recolle. Nos rires qui nagent sychronisés sur une musique idiote, celle des gens mais aussi la nôtre, bien souvent. Trois figurines blasées excessivement belles, voir annexe II. La neige, le vin. Nos faces qui pleurent à deux semaines d'intervalle dans le remous d'une chasse d'eau. Et on recommence, et ça continue de tourner comme ça. Un voyage en bus magique qui ne se termine jamais.

10.10.09

La queue sur le mur

Ce que j'enligne à la craie sur le mur d'une chambre sans fenêtre qui empeste les douze fonds de Pabst Blue Ribbon et les trente-trois mégots de Peter Jackson régulier, c'est une queue leu leu de lettres. Si tu les prends une par une, elles ne veulent rien dire.

Tu peux tout effacer.

9.10.09

Christina Aguilera

Thanks for making me a fighter, comme dans « Merci, je vais faire semblant que c'était un couteau à beurre dans ma cote de mailles, mais c'est une maille de plus dans mon bas de nylon. »

8.10.09

Violence vraie et des mots en anglais

Tu m'aimes pas, connais pas, on se connait pas, tu l'aimes mieux, elle t'aime plus, fine, t'aimes tout le monde; tu m'aimes pas, fine, jamais rien avec moi, fine.

Mais viens christement pas me faire chier

quand je vais accoucher de Jésus.






Fine.

7.10.09

Gratter

On écoutait le film Bingo, le chien. Je pleurais, un bout triste, quand papa a dit B-I-N-G-O, B-I-N-G-O, B-I-N-G-O, il s'appelait Bingo! pis m'a donné un gratteux. Un Super Bingo. Papa a toujours hait l'argent pis la loterie, il a toujours dénigré ceux qui passent leur vie à choisir des chiffres chanceux, mais il savait que j'aimais ça, moi, gratter des grateux, pis que ça arrivait juste à Noël chez René, d'habitude, pis qu'il aimait ça me voir les yeux gros comme des deux piastres, même si ça lui faisait mal de me ramener au comptoir pis que je choisisse le billet gratuit. Pis là, c'est vraiment cliché, mais j'ai gratté le Nul si découvert en premier. Comme quand je demandais à mon ami de tenir mon sac, quand on marchait sur le vieux pont, parce qu’une force bizarre me donnait le goût de la lancer en bas, pis que mes jambes ramollissaient à l’idée de tout perdre ce que j’avais dedans. Papa riait de moi, crampé de rire. Aweille, gratte-lé, voir! J’ai pas voulu, j’ai couru dans ma chambre pis j’ai mis les Spice Girls tellement fort, je me suis lancée sur mon lit avec mon oreiller par-dessus la tête pour rien entendre. C’était pas assez pour camoufler les cris niaiseux de papa qui simulait la victoire, l’imbécile heureux, comme dans les annonces.

J’espère encore que j’avais rien gagné.

5.10.09

Je vais te montrer mon petit calepin

« J't'arrivé des toilettes, pis tout
le monde me regardait en riant. »
- Martin

Euh, ça va? Zelda ce soir: fail. Tourner en rond et ne rien découvrir. Pas de quart de vie, surtout. Ne pas réaliser ses rêves les plus cheap. Ne pas réaliser ses rêves les moins onéreux. Ne pas réaliser ses rêves les plus modestes. Parce que le Maysen n'est plus. Lire à voix haute les poèmes de Martin, mieux que l'alcoolisme. Magnifique, mais tu devrais te maquiller moins. Ah oui, justement, toi, tu devrais te maquiller. T'acheter du nouveau linge pis te faire faire une permanente. The Billy Jeam is not my lover. C'est quand même tough de différencier le vrai du faux, genre, le vrai toi pis le toi en cire. La cire a l'air vraie, ou ben c'est toi qui a l'air en cire. Le sarcasme est palpable, hein? Avoue que c'est ton fucking mot préféré, palpable. Cats fight! a.k.a la toile de chats la plus laite que t'auras jamais vue de ta Sainte vie, ou de ta Christ de vie. C'est pas mal du sérieux, pis ce qui est sérieux, moi, ça me fait rire pour cacher un malaise trop flagrant. Mon père est ben d'acord avec ça. Hein, Gilles? Le monde qui arrive en retard, moi, ça me fait tripper. Mon père est pas ben ben d'accord avec ça. Gilles est ponctuel à la seconde près. Papa est pas content quand je lui dis que ses amis jouent du emo. Emo, emo, toute est emo coudonc! Oui, papa. Dis-le donc, que t'hais ça, le monde qui cite des jokes de François Pérusse. Pute de jardin/Hoegarden. T'es tu journaliste, esti? Non, tabarnak! J'écris du slam, I'm the new Grand corps malade, pis je me sens comme la cour à scrap Chez Kenny. Pleine de Ford Tempo pis juste des gars qui ont pas leur secondaire cinq qui me zigonnent après. Une petite grosse fan de Dumas, une coupure de papier sur le doigt d'un gars qui signe comme ça: X. Tu te dis toujours que c'est le boutte de la marde sans être conscient que c'est sûrement moins pire que de pogner des morpions din sourcils. Hey man, on fait-tu de la pinohtte? Non. Non. Non. Non. Je suis transparente quand j'ai pas The Casualities dessiné dans le dos, ma jupe pis mon v-neck sont de connivence avec des criminels en cravate. C'est plate à dire, mais Bruno c'est mon seul trois en trois. C'est plate à dire, mais c'est ça qui est ça. Oublier Martin, c'est ben le boutte. Pis non, c'est pas moins pire que de pogner des morpions din sourcils.

1.10.09

Un quart de coeur

C’est à savoir pourquoi les bonnes jeunes filles tombent que sur les mauvais garçons, voyons, « veux-tu ben me dire pourquoi je pogne juste des gros fumeurs pis des alcooliques? » « Ben, parce que t’es peut-être un peu comme ça… » Ha. C’est aussi à savoir pourquoi sur 1111 chansons, ce sont toujours les mêmes qui passent en mode aléatoire. Je jouerai à Zelda dans la voiture pour me rendre chez toi : quelque chose à découvrir, le temps qui coule dans le sablier.

28.9.09

Sur un document professionnel

J'ai oublié d'effacer Une roche rouillée l’organe comme une éponge qui sent la vieille eau, veux-tu ben et je l'ai soumis à quelqu'un de très grand et d'important du gouvernement. Je fonctionne mal.

22.9.09

Un toujour, des toujours

toujours peur toujours des regrets toujours les microbes toujours le mauvais toujours en béquilles toujours l’autre toujours sotte toujours trop bu toujours faire l’erreur toujours le drame toujours l’amour toujours une sirène toujours malade toujours elle toujours accessoire toujours trop laide toujours oui mais toujours maquillée toujours endormie toujours l’inconnu toujours sans faute toujours déçue toujours un peu toujours toujours

Tu dis « fuck », je dis « vive »

Tout le monde en dépression, c'est l'autoomne, oh mon Dieu, l'ô-toh-m'ne! Mes cheveux orange et jaunes s'excitent dans le vent, ils m'envolent et je virevolte comme de jolies feuilles mortes, puis comme un vieux sac Super C qui vole en secousses et s'empale sur d'une branche de vinaigrier.

Je veux que ton papa me vide, qu'il m'étripe proprement sous tes grands yeux attentifs, que tu vois comment je suis faite, en dedans. Je veux qu'il me tranche un sourire édenté sous le nombril, un sourire que c'est toi qui aies dessiné. (Ne touche pas au couteau, je te prie.) Je vais t'appartenir pour quelques semaines et tu auras le plus beau perron de la rue, de la ville, de toute l'Halloween. Sainte-Anne-des-Plaines est une salope.

21.9.09

Le gars que je sais pas c'est qui

Je suis triste et je suis fâchée. J'ai plus une graine de café. Ma hanche est infectée. T’as répondu à ma détresse de petite princesse qui sait même pas c’est quoi pour vrai une détresse. Je sais pas trop t’es qui, je pense que je t’ai déjà vu… inévitablement, tu m’as déjà vu. On s’est peut-être déjà parlé, genre « t’as-tu du feu », et moi j’ai peut-être dit « non mais j’ai du beurre de pinottes », peut-être pas mais peut-être que oui, on a peut-être ri un peu, peut-être pas, on a peut-être discuté longuement de choses futiles aussi mais c’était tellement futile que je m’en souviens pas. Je sais pas t’es qui mais je t’aime ben.

16.9.09

Je me moi

Je m’épure. C’est beau, c’est coloré, il devrait y avoir un guide qui dit qu’il faut toujours manger des Fruit Loops avant de vomir. Peut-être que c’est que je suis trop maigre et que je déjeune mal. Peut-être que c’est la faute d’un fœtus qui se développe dans mon formol, oui, moi aussi, j’aime bien m’imaginer l’enfant qui en sortirait et j’ai l’impression qu’il ne serait pas beau. Pas laid, simplement, pas beau. Il serait bien taquin, il l’est déjà.

Je m’essuie. J’entends mes collègues dehors qui disent « elle est où, la petite, est-ce qu’elle est absente aujourd’hui? » Non, non, je suis là, plus que jamais, j’ai la tête accotée sur les rebords froids de la cuvette et tout le monde peut voir ma craque de fesse sous la porte. J’ai mis mon nouveau parfum pour la première fois ce matin, j’ai mis une robe class mais sexy, je ne peux pas me permettre de gâcher une journée où je suis belle.

Je m’énerve. Je pense à toi toujours un peu au moins un tout petit peu à tes mains à tes cheveux et je ne travaille pas pendant ce temps. À cause de toi j’ai eu envie de dessiner, merde, c’est affreux. Je voulais faire deux singes qui se prennent par la taille, on jurerait Paddington Brown. Je l’ai affiché parce que c’est drôle, je suis ridicule.

Je m’écrase. « C’est quoi, ton secret? » C'est est pas un. Je m’écrase, je mange, je fume, je prends un peu de drogue, beaucoup de café. Le popcorn, aussi, c’est moins grave que les chips à ce qu'il parraît. Mon Big Mac se défait en mille morceaux et je crois que tous les vieux rient de moi. Je suis seule parmi eux, ils se chicanent pour le journal. Il y a ce monsieur qui fait des mots-croisés à voix haute, on dirait nous.

Je t’-.

Je m’impressionne.

Je t'ai-.

Je m'hais.

14.9.09

Sunny-D folk

Mon litte est assez grand pour toute mettre en boule pis dormir à côté
Mais j'avoue qu'si t'étais là, j'f'rais une p'tite place pour toé

9.9.09

Balcon stationnaire

Je sors sur le balcon pieds nus pour t'écouter jouer à côté ou en face, trop loin, absent. Je sais pas si t'es beau ou si t'es laid, t'es peut-être un con, un maniaque, un pédophile, un meurtrier, t'es peut-être tout ça dans un corps. Je pourrais quand même fumer ici à t'écouter pieds nus jusqu'à mourir des poumons sur place.

Je fais ce qu'il faut, sinon ce qu'il faux pas.

28.8.09

Do ré mi fa jaune

Je n'ai pas le talent, la passion non plus.

Tu joues, il joue, elle joue, mais je joue sûrement, pertinemment mieux la mélodie dédaignieuse inspirée par des doigts sales qui ont pianotés ces notes jaunies par une fumée sale explusée par des poumons faibles et une bouche très sale.

Sur ces airs plastiques je m'endors et chaque réveil, j'ai peine à me reconnaître sans maquillage.

19.8.09

Ce qui est bien avec la syphilis

C'est cette profonde assurance:
la certitude de ne pas être seul.

La bonne soeur

Elle a peur, elle se hait, elle se ronge, elle te hait, elle dessine des poissons, une tasse, du pain et ça fait presque penser à Jésus. Et si elle était religieuse? Cacher un peu de sa laideur avec un drap blanc et une jupe droite et à quoi bon être belle, Jésus l'aime, le bon Dieu aussi. Rouler dans sa Cadillac: un rêve depuis Luc, Sauvez son âme. Elle n'écrit pas une peine d'amour, Mélanie, elle écrit à la troisième personne pour vous mystifier, que vous vous demandiez mais est-ce qu'elle parle vraiment d'elle, oserait-elle créer un personnage portant son nom? Parce qu'alors là, c'est beaucoup trop confondant, si près du réalisme, c'est la voir avec un masque de cellophane bien transparent et quand on l'enlève, il est couvert d'un film de graisse, à cause de la peau. Ce n'est plus très clair.

14.8.09

Les lucioles sont fausses

On ne connait pas l'élément déclencheur. L'alarme sonne et les pompiers s'amènent, les pompiers constatent que c'est perdu d'avance, mais ils en appellent d'autres, ils n'ont pas le choix. Personne ici n'a le choix, c'est lui le boss, cest l'incendie qui décide. Comme dans le dernier épisode d'une télésérie pour ados, mais les gens sortent. Personne n'est resté coincé à l'interieur, tous sains et saufs. Ils lyrent.

J'aurais peut-être préféré périr que de me retrouver à moitié nue devant mes souvenirs qui crament. Je n'aurai pas d'urne mais pourrai toujours prendre un train.

Une cigarette, un court circuit, un criminel. Ce qu'on s'en fou avec des flames qui convulsent. Elles auront toujours ce quelque chose de rassembleur.

- On dirait qu'ils ne sont pas capable de le maîtriser.
- On dirait pas, non.

L'odeur, elle n'a rien de comparable à celle des feux de camps où la 24 la moins chère s'écoule comme l'eau sale d'une chute overratée. On beugle « lapin » pour que la fumée fasse demi-tour au grand désarroi de son voisin d'en face sur qui on a un kick depuis le secondaire mais peu importe, on sentira le vieux bacon au réveil, bientôt, pour aller gagner 7,90 $ de l'heure. Les cheveux impregnés et la gorge aride, le mal de vivre à payer pour une soirée trop plaisante.

Ici, ça sent le passé qui brûle et les lucioles sont fausses. J'ai eu beau crier « lapin, lapin, lapin » comme une psycho, rien. Tout n'a qu'empiré. Par ma faute, peut-être.

5.8.09

Fan fiction

Tu me déprimes, Ovila Pronovost. Comme le Rigolfeur au bord de l'autoroute avec son sourire mauve délavé qui répète les mêmes blagues depuis cet été où nous avions fait des provisions de papier cul pour survivre au bogue de l'an 2000.

25.7.09

Les Colocs formaient un groupe excellent

Je te demanderais de flusher ta bolle s'il te plaît. De cesser de m'espionner par l'entrouverture de la porte quand je dors toute écartée. Et merde, ton vélo sur le plancher que tu vois bien que j'ai lavé.
Ha non,
tes yeux veulent bien voir ce qu'ils veulent bien voir, uniquement. Ils filtrent la crasse, un calque invisible. Abstraction complète, aucune notion du propre et du sale. Comme un voyou ne distingue pas le bien du mal. Le pédophile, l'enfant d'une chienne.

17.7.09

Le petit train

J'ai coloré une case sur deux de mon calendrier, faire comme un damier, parce que les mois sont un jeu qui s'éternise et quand tu tombes sur le jour noir tu t'en sors un peu perdant. Que tu sois reine ou roi, fou ou pion, c'est comme ça, toujours. Ma mère m'a demandé pourquoi, mon beau calendrier de Bob Marley, j'ai répondu parce que et je suis allée fumer un beedie au parc en me disant que c'était la pire chose que j'avais jamais goûtée.
À un certain point je me suis demandée qui gagnait vraiment aux échecs. Non mais quel paradoxe, quelle réflexion. J'ai sorti mon sharpie fucshia et j'ai décoré le dernier vagon du petit train parce que les autres ont tous été brûlés: C'est tout le temps nul quand tu joues toute seule. Je suis restée assise là dans l'odeur d'urine et de plastique chaud. Pour te faire susser la grenne appel Cinthia au 789-9370.

7.7.09

P.S.

Je n'écris rien parce que je n'éprouve de hargne pour personne. (Faites-moi mal, bon sang.) Comme les scarabées morts dans le plastique de tes boucles d'oreilles fétiches.
Admirez-moi.

6.7.09

Histoire de l'art

La soif la dessèche, maigre comme un arbre mal enraciné. Elle a vomi, pissé, elle a saigné ses derniers jus. Toute seule entre quatre mur blancs, sur un plancher froid et blanc, la silhouette, en fait, ignore si elle est bien prise entre quatre murs, ils sont trop loin pour être perçus. Le corps se fixe pour se fondre dans cette non-couleur et, malgré sa teinte bleutée, ses contours se mélangent au reste comme une gouache réussie dont on enseigne la provenance à des enfants judicieusement dépeignés.
*
Chichic. « Celle-ci, c'est Navançarien, de Chérien », marmonne la jeune enseignante qui n'a pas déjeuné avant le calvaire, enfin qu'un biscuit sec, peut-être, avant de cracher du sang puis de s'effondrer sur le rétroprojecteur jauni. Les jeunes foulardés s'avancent, eux, un à un. « Elle est morte? » s'exclame sans pitié le plus laid et le plus idiot de tous, lui piquant l'avant bras de son index qui, dans un bruit sourd, lui transperce le membre frêle. Excités, les juvéniles s'installent de part et d'autre de la demoiselle qu'ils ont préalablement dénudée, puis, perforent son corps et s'en régalent, s'en souillant le visage, s'en lèchant les paumes. Les morceaux concassés rejoignent leur bouche à une vitesse phénoménale. « Je préfère le plein », ne cesse de répéter le même sot, se goinfrant autant, sinon plus que la majorité.

1.7.09

Y mouille de même