30.9.08

Avant/Après l'incendie

« Criss j’ai peut-être pas joué tout Tchekhov, mais j’ai joué Martin Goulet pendant 13 ans. »

— Dominic Tardif,
(parce qu'il fallait payer deux pintes de rousse à) Étienne De Passillé

29.9.08

Rotten

Maintenant que je suis moins laide, maintenant que je peux toucher ton nez sans ne rien craindre, maintenant que c'est normal que ces gens me revoient à tes côtés, qu'ils font même semblant de m'aimer. Maintenant que je veux que tu te rappelles, je me dis qu'ils deviennent bons, les gens, empaillés. Tu te souviens de moi, fruit d'une de tes courses. Qu'une fraise mousseuse à présent, et quelques mouches.

Puisque la mort est si triste, je dois faire semblant.
Ne pas être soulagée.

14.9.08

Nuit

Je fouterais bien un coup au thorax des gens qui se plaignent d'être seuls, mais il est tard, et je suis beaucoup trop petite, moi, au milieu d'une pièce sans issue. Dans mon lit simple, insomniaque, trop entourée. J'allume la lampe et leur fais face, à ces têtes de cons qui m'observent presque à poil. Ces regards pâles qui m'ont jadis charmés ne sont plus qu'anatomiques, complètement vides, et les corps censés s'y rattacher, empilés nus l'un sur l'autre tout près de mes vêtements sales. D'anciens amis, nouveaux ennemis, des égoïstes et des regrettés m'encerclent et m'emprisonnent mais ne représentent que moi, juste moi, et puis quoi encore. Des éclats de verres qui m'ouvrent la plante des pieds.

Appuyée à mon chevet, j'étale le rouge sur mes ongles de femme et voilà, je ne peux plus toucher à rien, excuse de taille pour ne pas remettre d'ordre dans mon bordel.

C'est aujourd'hui que mes oeufs passaient date. Par chance, j'ai mangé le dernier hier.

Éric McComber m'a donné la tag, puis je me suis sauvée. En fait non, pas tout de suite, j'ai mangé mon dernier oeuf, je suis allée aux toilettes, un numéro un, bien sûr, autrement je ne vous en ferais pas part, puis j'ai pris l'autobus. Je hais être assise si près d'un inconnu, surtout quand c'est lui qui a la fenêtre. Je m'endors et j'ai peur de le toucher. Je le méprise. Sans parler du conard d'en arrière qui m'empêche, par savoir vivre hypocrisie respect, de baisser mon siège. Soit. J'ai eu le temps de terminer « Jeunauteur » en descendant la King: plus rien à lire sur l'autoroute.
La 10, c'est la Mort qui me ramène chez moi.

Haha, j'ai encore la tag.
C'est bien parce que c'est celle d'Éric McComber.
Juge me now.

9.9.08

Réveil

En sueur, et je me demande où je suis, sous ces draps de coton cheap qui me collent à la peau, ces taches, cette peau, moite, dont je veux me débarrasser, la nuque trempée sous une crinière maladive, vraiment, c'est n'importe quoi, ah! une main, je fuis, la mienne est engourdie, je m'envoie des baffes sur la gueule, juste pour le thrill de ne plus rien sentir, fuck! je suis là, un peu trop là, va chier, sale main, j'ai deux ou trois ecchymoses, peut-être quatre mais on s'en branle, je meurs de soif et sur la pointe des pieds, ramasse mes débris.

8.9.08

Pure

pot de plasticine
used to smell good back then
crois-moi crois-moi pas
let’s fuck in alaska
who got fuckin hiv now
me you her and he too
(probably forgot a few)
tear my lips taste my blood
crie ton nom un peu trop proud


Pour J.
with dirt plain love