21.10.08

Espérer (ne pas avoir le sida, toujours un peu, secrètement)

Refuser. Me dire non, juste « non », me dire de m'en aller, que je ne suis pas assez belle, pas assez bonne, que c'est n'importe quoi tout ça. N'importe quoi pour que je retombe sur mes pattes d'enfant, que je ne suis pas une reine qui transforme d'autres reines en vulgaires pions, je suis une folle mal placée. Continuer les balivernes et me brûler encore, encore, jusqu'à ce que mon palais s'éffiloche et que j'avale des cellules mortes.
Goûter le sang.

19.10.08

Ben des affaires

J'aurais aimé ça te violenter un peu des fois. J'aurais aimé ouvrir ma clémentine à une seule main et tenir la tienne de l'autre. J'aurais aimé te donner un bec dans le cou avec du vieux rouge à lèvres pas propre. J'aurais aimé te faire babye quand l'autobus me ramène de force. J'aurais aimé que tu sois là pour rire quand j'ai insulté une célébrité connue. J'aurais aimé ça entendre ta voix rôque me sacrer après. J'aurais aimé que tu vois mes souliers en papier d'aluminium et que tu les trouves terribles. J'aurais aimé ben des affaires encore. J'aurais aimé crever avant toi.

9.10.08

Chaos (Knockout)

Auto-flagellation résultant d'un crochet inoffensif. Trop faible pour me relever tout de suite, trop asthmatique pour projeter mon rire ou ma voix ou un soupir, à la limite.
Je suis une jeune plotte qui se laisse rabougrir par des gros méchants. Des gens laids avec une acuité visuelle pourrie qui s'habillent très, très mal.

1-2-3-4-5-6-7-8-9

8.10.08

Pieds nus sur la garnotte

On avait décidé d'aller passer l'après-midi à moitié nus sur une plage pas de sable. Je m'en souviens comme si c'était hier et ça fait trop longtemps déjà. Une gang d'ados un peu bohèmes, qui passent leurs après-midi à moitié nus sur une plage pas de sable, à jouer de la guitare et siroter des Kool-Aid, fumer un joint ou deux, siroter d'autres Kool-Aid et observer les gens. « Hein, check le gars qui joue au frizbee, on dirait Martin Drainville! » « Ben crisse, c'est Martin Drainville pour vrai! » Rire des gens et de leurs hideux maillots de bain, rire du fait d'avoir vu Martin. On n'y pensait déjà plus quand le comédien s'est approché et nous a dit, d'un air sincère: « Vous êtes beaux. » On est restés, idiots, sans dire un mot, puis quelqu'un a osé: « Merci. »
Un petit merci tout faible qui sait très bien que ça ne durera pas, un petit merci perspicace.
Trop beaux pour être vrais.

Drainville se baigne dans l'innocence, il ignore que nous sommes devenus horribles depuis. Il a capturé la bonne parcelle de moi, celle que j'ai perdue depuis longtemps. À quoi qu'il joue, Martin, il me pousse à me rappeler. Je nous revois alors, beaux, à moitié nus sur une plage en garnotte, et j'ai du sable plein les yeux.
Les plus beaux souvenirs sont insoutenables lorsqu'ils ne signifient plus rien.

4.10.08

Toune de Joe Dassin (fall remix)

Déplugger mon Super Nint / Faire comme si de rien était / Deux beaux caves / Louer un film / Savoir que je détèste les films / Clueless / Normalement chialer / Fermer ta gueule / What-ever / Demander si on achète de quoi à boire / Deviner (osti de cave) / Marcher au frette sans se dire fuck-all / Entendre crouncher les feuilles / Préférer passer l'Halloween à ce temps-citte / Rentrer au dep sans regarder le bonhomme / Se pitcher à la même osti de place que d'habitude / S'en câlisser ben raide / Deux beaux caves / Se crisser-là dans le frigidaire à bière chez Accomodation Monique (bis)