20.2.09

Dialogue de pharmacie

- Au début ça marche, mais ça dure jamais ben longt
- Arrê
- Tu le sais comme moi qu’après une couple de semaine c’est
- Si tu les entretenais aussi, ça pourrait peut-êt
- Ha, commence pas câlice.

On était arrêtés devant un distributeur de shampoing en forme de panda, fixable aux parois de la douche avec deux grosses suces. J'ai regardé le plancher sale. Il y avait les néons qui se tiraillaient, un commis demandé dans la section des produits pour bébés et un code jaune au rayon des cosmétiques.

- La succion, je crois pu à ça.

Il a violemment lançé la boîte du panda dans le panier et on a continué nos comissions, sans dire un mot.

14.2.09

Tamagotchi (Life goes on)

Une châtaine aux yeux de goberge, une paraplégique avec un beau visage. Une petite grosse qui trippe sur Dumas, une fille dont les initiales forment un acronyme curieux.
Il y a des jours, mais surtout des soirs, où parfois tu voudrais t'enfoncer une aiguille dans le cul dans l'espoir de devenir l'une d'entre elles avant de crever pour de bon.

Mais on te donne à bouffer, on ramasse tes cacas.
Ton malaise, il est caché sous tes pixels.
Condamnée à rester dinosaure.

10.2.09

L'odeur des vieux livres me donne envie de déféquer

C'est malsain mais je continue, garde le rythme c'est bientôt fini et j'ai presque envie d'allumer une chandelle à la vanille tellement je suis bien. Je lis et je pense à ma gorge pleine de pus que j'aimerais que tu transperces pour venir tout droit dedans. J'éternue, éclabousse et tourne les pages. Je lis et je pense à toi.

Qui attraperas la grippe, pas le rhume, la grippe et pas n'importe quelle grippe, la mienne, en tournant les pages jaunies d'un classique d'Hemingway, ce livre que tu as décidé de traîner dans l'sud par simili culture, par bonne conscience un peu alors que tu grimace devant ton riz blanc et que les paysans s'en régalent ou ils crèvent. Cuba va bien et toi va chier. T'avais qu'à l'emprunter à quelqu'un d'autre.

4.2.09

C'est peut-être le début de quelque chose, d'une journée du moins

Des mains sur mes hanches qui balancent au beat de mes sauts saccadés, de mes miaulements violents, d’un souffle amplifié à la vue de ces nichons qui bougent trop vite sous de petits yeux vitreux qui ont peine à s’entrouvrir dans cet excès jouissif et hop, et voilà, coupé. À peine ce corps étranger expulsé de mon antre que j’enfile ma culotte, celle que je fais glisser systématiquement pour qu’elle se retrouve toujours au même endroit, pas trop loin. Le porc se retourne sur le côté, en position latérale de sécurité. Il refuse de me faire face, par honte, j’imagine. Les îlots de poils frisés dispersés dans la sueur poisseuse de son dos me donnent l’envie de gerber, mais je n’ai plus de temps à perdre. Je noue ma crinière, agrippe mon sac, referme la porte non pas sans faire de bruit, bien au contraire, dans le plus grand vacarme que le Motel Laurentien ait connu. « Regardez-moi, je suis une pute, tabarnak! » Le soleil commençait à se lever. Il faisait rose, dehors.