J'ai réalisé que hey, avoir hâte d'aller à l'école juste pour voir quelqu'un qui me manque depuis 24 heures de fous, ça ne m'arriverait plus jamais à moi, ça. Je me suis dit que l'été approchait et qu'il n'allait pas être comme l'hiver, avec une langue qui reste collée juste à la mauvaise place. J'ai décidé que j'allais lui donner une plus grande liberté, à ma langue, et que j'allais me badigeonner le corps avec les algues bleues de la rivière Magog. J'allais peut-être, aussi, plonger tête première (même si c'est écrit qu'il ne faut pas) dans le feu de joie d'un festival pour matantes. Sur un air des Beach Boys, qui sait? Alors là, je me suis sentie impure, très sale. Je me suis déshabillée et j'ai tourné les vieux robinets: le gauche davantage. Je me suis faufilée sous la douche où, comme d'habitude, j'ai chanté une chanson d'église. J'en ai fait une version reggae.
Je voudrais qu'en vous voyant vivre
Étonnés les gens puissent dire
Voyez comme ils s'aiment
Voyez leur bonheur
Qu'il y ait dans votre langage
Plein d'amour et de vérité
Qu'il soit clair, simple et sans ambages
Qu'il soit bon comme un soir d'été
Comme un soir d'été
[...]