28.4.09

Gourmet sans fin

MARINADE
mes phrases salées de mots âpres parfois
le vinaigre dans ses yeux
j'ai vu la larme tomber
il nie tout

DÉCONFITURE
beurre-m'en l'ensemble connard
d'arachides et bouche mes vides
que les pics-bois à présent
me picoreront

SUBSTITUT
pendue à l'arbre de désir
les plus carnivores
pour son cadavre exquis même
je dirais oui

27.4.09

Le concret et le cathéchisme

J'ai réalisé que hey, avoir hâte d'aller à l'école juste pour voir quelqu'un qui me manque depuis 24 heures de fous, ça ne m'arriverait plus jamais à moi, ça. Je me suis dit que l'été approchait et qu'il n'allait pas être comme l'hiver, avec une langue qui reste collée juste à la mauvaise place. J'ai décidé que j'allais lui donner une plus grande liberté, à ma langue, et que j'allais me badigeonner le corps avec les algues bleues de la rivière Magog. J'allais peut-être, aussi, plonger tête première (même si c'est écrit qu'il ne faut pas) dans le feu de joie d'un festival pour matantes. Sur un air des Beach Boys, qui sait? Alors là, je me suis sentie impure, très sale. Je me suis déshabillée et j'ai tourné les vieux robinets: le gauche davantage. Je me suis faufilée sous la douche où, comme d'habitude, j'ai chanté une chanson d'église. J'en ai fait une version reggae.


Je voudrais qu'en vous voyant vivre
Étonnés les gens puissent dire
Voyez comme ils s'aiment
Voyez leur bonheur

Qu'il y ait dans votre langage
Plein d'amour et de vérité
Qu'il soit clair, simple et sans ambages
Qu'il soit bon comme un soir d'été
Comme un soir d'été

[...]

24.4.09

Censure - Poésie accessible

mal à 'fourche

aujourd'hui j'ai fait de l'équitation
avec le plus beau des étalons
j'ai gagné une course contre le vent
mon adversaire c'était une grosse jument

23.4.09

Dans les yeux, dans la bouche, si t'en veux pas dans les cheveux t'as qu'à mettre un bonnet


Fatigue échouée sur le patio
Une grande étoile toute maigre toute blanche
Qu'il me pleuve des clous dedans
Je suis vaccinée


Where is my mind
Where - is - my - mind

17.4.09

La table

La chanson d'Harmonium résonnait trop fort et j'avais pris place, sans la moindre honte, à cette table déserte, ce soir-là où fumer était encore permis dans les bars, je m’étais mise à écrire, rien de bon mais simplement, à faire glisser la pointe de ma plume sur le papier fin d'un carnet de cuir, sous le regard des hommes excités et à mon plus grand bonheur, ces vulgaires m’observaient sans la moindre subtilité, moi, seule à une table RÉSERVÉ, convaincus de ma quelconque importance.

15.4.09

F o s s i l e

à
la
mer

nage
notre
huitre

émotion
éventrée

taciturne
coquillage

Too damn réciproque

« Il préfère ça à moi? » avait-elle dit d'un air dégoûté en me voyant complètement ivre en train de dévorer une poutine avec de la mayonnaise par dessus dans un restaurant 24 heures de la rue King. « Il préfère ça à moi? » c'est drôle c'est exactement ce que je m'étais dit en la croisant chez Winners un dimanche après-midi avec un coton ouaté Nikita et des jeans qui lui font un cul flasque.

Une belle gang de laides.

9.4.09

Candide

candide
j’ai cru que tu m’aimais
mais aussi que les canards
tuaient leur temps à manger
le pain sec des amoureux qui
piquent-niquent sur une nappe
carreautée avec une bouteille
de vin même si c’est interdit
dans le parc j’ai cru que les
canards ne s’envolaient
jamais

Tonguebreak

Tout le monde le sait, que j'irai coller ma langue sur un poteau.
28.12.08

Pour ceux qui se demandent y a rien là.
Ça fait même pas mal.
Moins que la première fois.
Surtout quand tu faisais du cheval quand tu étais petite.
Ou la split pour impressionner les voisines.
Moi une fois j'étais tombée sur ma barre de bécique.
La vulve bang direct dessus.
Ça avait fait plus mal que ça.
Plus mal qu'une première baise ratée.
Plus mal qu'un premier bout de langue arraché.

And I'm gone again.

8.4.09

Dans un pot de yogourt

J’aurais aimé trouver celui qui réussira à planter sa graine dans ma terre pleine de roches. Un petit haricot pour qu’il devienne fève, qu’il ne pourrisse pas trop tôt comme ceux qu’on avait fait pousser dans un pot de yogourt, avec Denise. Chaque fois que cette odeur de moisi me monte au nez, j’y songe. Je pense à Denise, la vieille fille qui mangeait de la tire à la Sainte-Catherine, sûrement lesbienne. Je songe aux haricots morts au bord de la fenêtre un matin d'avril, à l'innocence que nous étions. J’aurais aimé t’aimer.

Ces effluves de pourriture me rattrapent jusque dans le lit queen d'une chambre d’hôtel. J’ai cherché la bible. Il n’y en avait pas.

4.4.09

La peau

Elle en a marre de vos amours. Elles sont laides. Elle se rit de vous voir pleurer. Vous êtes très laids, aussi, quand vous pleurez. Non mais pour qui elle se prend, elle, à gâcher vos histoires de contes de fées et d'âme soeur qui ignore qu'il est votre âme soeur mais que ce n'est qu'une question de temps? Elle n'est pas normale. Elle n'est qu'une masse de chair. Une peau, de la forme d'un humain plutôt frêle. Elle n'a aucun sexe, aucun orifice. On devine que c'est une femme de par ses hanches et ses seins, mais cela pourrait tout aussi bien être un obèse qui a suffoqué et rétrécit comme un ballon qu'on retrouve sous le vaisselier un mois après la fête. Son épiderme est lisse, imberbe, et il change de couleur lorsqu'elle prend son bain. Elle n'a aucun visage, qu'une surface effacée avec l'outil « goutte » sur Photoshop, dont les pores lui permettent d'observer, de juger, sans jamais avoir le réflexe ni même la capacité de s'enfoncer dans ses propres excréments que les visagés appellent couramment la honte.

2.4.09

Pour chaque matin un épitaphe

Mon cadran n'avait pas sonné. Il était 7 h 28. Je me suis levée tellement vite que j'ai vu des picots lumineux, comme quand on se dit « ha, c'est ça les étoiles à la télé... mais ça ressemble pas vraiment à des étoiles, dans le fond. » J'ai entendu la petite musique des étoiles comme à la télé faire toupitoupitoupi pendant qu'elles continuaient de faire la ronde autour de ma tête. Tout semblait plus calme qu'à l'habitude dans l'appartement. Je suis sortie dans le passage sans m'habiller, sans mettre mes lunettes. J'ai failli mourir quand j'ai vu les deux jambes noires qui pendaient dans le vide. En moins d'une seconde, j'ai senti mon âme monter et mon coeur descendre. La porte de la buanderie était mi-ouverte et ce bas de corps, pendu.

Je serais morte toute nue, échouée sur un plancher crade. Sur ma pierre, on aurait pu y lire « Tabarnak, ça te tentais pas de faire sécher tes jeans ailleurs un jeudi matin? »

1.4.09

J'ai mal en sens anti-horaire

un tour de bloc deux cigarettes c'est terminé sans générique une chanson de scorpion qui ne fait pas pleurer c'est à cause du pouvoir je suis tellement fortement superieurement quand les talons font du bruit mes pieds avancent mange sans faim sans cesse automate une bosse de fourchette

poème laite-triste

MMMMMMMM
MM
MMMMMMM
MU
MC
MK